Bonjour à tous !

Cela fait un bon moment que je ne vous ai pas concocté un petit article ☹.
Vous savez ce que c’est, ce n’est pas toujours facile d’être régulier et ça l’est encore moins lorsqu’il s’agit d’allier écriture d’articles et écriture de romans et autres œuvres de fiction.

Je travaille sur de nombreux projets en ce moment ce qui explique mon absence prolongée sur le blog et les réseaux sociaux, mais je tenais tout de même à finir cette série sur la méthode Save the Cat car je sais qu’elle pourrait aider un grand nombre d’entre vous.

Assez régulièrement, je reçois des questions en message privé sur Instagram (n’hésitez pas à me suivre là-bas si le cœur vous en dit 😉) et je pense qu’il est nécessaire de noter que la méthode Save the Cat peut vraiment vous apporter une grande aide si vous souhaitez planifier vos romans ou même si vous désirez simplement commencer à travailler sur un nouvel ouvrage.

Écrire un roman peut paraitre soit très simple soit très compliqué. De mon point de vue, il n’y a, en soi, rien de plus simple : on ouvre son ordinateur ou son carnet, et on écrit. Ça semble facile, basique même, mais en réalité de nombreuses étapes se cachent en amont de l’écriture de la première phrase de votre roman. Comme nous l’avons vu dans les articles précédents, la méthode de Jessica Brody propose un plan détaillé des actions, les « beats », qui sont censées se produire dans votre roman pour en faire une œuvre de fiction qui tienne la route.

Comme j’ai pu vous le dire, j’ai déjà essayé cette méthode et il est maintenant venu l’heure de vous donner mon avis 😊

 

Il y a du bon…

 

Tout d’abord il ne faut pas oublier que la méthode proposée par l’autrice – qui se base sur celle mise au point par Black Snyder qui avait dédié cette méthode aux scénaristes-, se base sur les « beats », des points d’intérêt du roman qui doivent se produire dans l’histoire pour former une histoire intelligible et censée.

S’il y a une chose que je ne reproche pas du tout à cette méthode et que je retire volontiers de la lecture de cet ouvrage de non-fiction, c’est bel et bien cette liste de 15 beats. Je sais que tout le monde n’est pas forcément fan de la planification en trois actes. De formation et aussi par habitude, je suis plutôt de celles qui préfèrent faire un plan détaillé en trois parties. Aristote disait qu’un tout et une histoire complète a un début, un milieu et une fin, j’aime bien souscrire à cette idée et baser le développement de mon histoire autour de ces trois grands points de l’intrigue.

Parmi les beats proposées, il y en a certaines que je trouve plus ou moins difficiles à aborder, la partie Fun & Games par exemple, Jeux et Tribulations en français, me parait toujours assez sombre. Elle est censée représenter énormément de pages, de mots, et un très grand volume de votre histoire, et pourtant l’auteur ne nous dit pas plus que cela ce qui doit en être. On le comprend comme on veut et on l’applique aussi bien que possible, mais c’est dans ce manque de détails sur ce qui doit être écrit, ce que cette catégorie représente, que j’ai mes réserves.

Les beats n’en restent pas moins utiles, si vous planifiez votre roman et que vous comptez l’écrire mais ne savez pas trop par où commencer, je vous conseille totalement de faire une liste de ces 15 beats, de vous y attarder quelque temps et de réfléchir à ce qui pourrait vous être utile. Vous pourrez ainsi essayer de structurer votre histoire avec ces points d’intérêt précis.

L’ouvrage présente également les genres du roman, ceux que j’ai pu vous présenter dans mon précédent article (voir ici). J’ai bien aimé l’idée que les différents genres représentent la quasi-totalité des œuvres de fiction sur le marché. Et, en lisant plus assidûment l’ouvrage, je me suis rendu compte qu’elle avait tout à fait raison, cependant certains livres de fiction tombent parfois dans un entre-deux qui du coup rend la logique de l’autrice assez bancale.

Malgré tout, les genres permettent tout à fait de bien identifier son roman et cela peut être  d’une très grande aide notamment si l’on décide d’écrire un roman qui rentre parfaitement dans l’une des catégories citées par l’auteur. Par exemple, un thriller surnaturel pourra très bien rentrer dans la catégorie Monster in the House sans souci.

Pour moi, Save the cat writes a novel est un très bon livre de non-fiction pour les auteurs qui veulent vraiment tenter de planifier leur roman. Quand on débute l’écriture, ce n’est jamais facile de trouver une méthode qui nous convienne et ça peut prendre un temps considérable pour un auteur (je parle par expérience) de trouver la méthode qui lui convienne.

Je pense que cette méthode peut convenir aussi bien aux plotters, les gens comme moi qui aiment planifier de A à Z et scène par scène leurs ouvrages, mais également à ceux qui se considèrent un peu plus libres dans leur écriture et qui préfèrent écrire au fur et à mesure sans vraiment avoir de plan. Se baser sur ces 15 éléments de fiction dès le départ avant même de commencer à écrire peut être un très bon moyen pour ceux qui veulent se laisser beaucoup de liberté tout en sachant où ils vont afin d’éviter les blocages et problèmes qui peuvent apparaître pendant la phase d’écriture. C’est l’un des problèmes que l’on rencontre le plus fréquemment lorsqu’on écrit, le syndrome de la page blanche qui découle justement de ce manque de signaux et d’indications pour continuer l’écriture.

 

… et du moins bon.

Bien entendu, il y a des points négatifs à cette méthode. Comme vous l’avez déjà probablement senti, je tiens à préciser que cette méthode n’est pas pour tout le monde. Beaucoup de personnes vont vouloir écrire sans se soucier d’où va l’histoire. Les pantsers, ceux qui préfèrent écrire au fur et à mesure, peuvent y trouver leur compte avec ces 15 éléments à suivre mais cependant, cela peut leur paraitre très restrictif. J’ai déjà vu des auteurs qui, après avoir composé leurs 15 beats avaient l’impression de n’avoir plus rien à découvrir de leur histoire, que tout était déjà fait et, indubitablement, ils perdaient leur intérêt pour leur roman. Cela peut signifier que ces personnes sont des pantsers purs et durs et qu’ils peuvent être entravés dans leur créativité par toute forme de planification.

Malgré tout, et même si vous vous identifiez comme un pantser, Save the Cat reste une méthode à essayer et je vous la recommande chaudement. Elle pourrait vous surprendre et être juste ce dont vous avez besoin 😉

Pour moi personnellement, cette méthode n’est pas très parlante. Il suffit d’avoir ces 15 éléments et on a une histoire ? J’ai du mal à y croire, pour moi l’histoire découle de beaucoup plus de détails, beaucoup plus de développement de personnages, de développement d’univers et pour cela cette méthode n’est vraiment pas indiquée. Bien sûr, l’auteur nous nous offre tout un chapitre sur le héros et en quoi l’histoire et le roman en lui-même doit être basé sur le cheminement du personnage principal, d’une amélioration de lui-même. Le personnage ne doit pas être le même entre le chapitre un et le chapitre final. Il doit avoir grandi, mûri, évolué, changé. S’être transformé. Ça me parait très joliment dit, toutefois en soi c’est quelque chose qui demande beaucoup de travail et la méthode nous donne l’impression que ça se fait en cinq minutes sur le coin d’une table.

Quiconque a déjà écrit un roman pourra le confirmer, ce n’est pas aussi simple que cela de créer des personnages hauts en couleur, profonds et qui ont un vécu et une expérience particulière. Ça prend du temps et ça demande beaucoup de travail au préalable. Avec ces 15 beats, on a vraiment l’impression qu’il s’agit de choisir un décor, un thème et une transformation à faire vivre à notre personnage principal pour qu’on ait une bonne histoire. Je trouve ça un peu réducteur et j’ai bien peur qu’en suivant un tel cheminement, un auteur en herbe ne se retrouve à écrire une histoire assez surfaite.

 

Mon avis

Vous l’aurez probablement compris, j’ai bien aimé cette méthode, mais au final, elle n’est pas pour moi. J’ai beaucoup aimé lire cet ouvrage, il se lit très facilement et les réflexions sont très bonnes. J’ai surligné beaucoup de choses qui me paraissaient importantes et on peut dire que j’ai appris de cette méthode et de cet ouvrage (mention spéciale au chapitre sur la transformation du héros et le but de son cheminement à travers le roman, des informations très intéressantes).

Toutefois je considère, ce n’est qu’un avis personnel bien entendu, que cette méthode reste loin, loin, très loin derrière la méthode flocon de neige qui reste ma préférée. Certes, la méthode Save the Cat permet d’écrire un roman et de faire le plan de son roman en très peu de temps et en réunissant quelques éléments clés de l’histoire là où, de son côté, la méthode flocon permet exactement la même chose mais avec rapidement plus de détails et plus de travail en amont avant de pouvoir commencer à écrire. Je sais que c’est ce qui fait peur aux écrivains débutants lorsqu’ils se lancent, ils préfèrent ne pas tester la méthode flocon justement parce qu’elle fait un peu peur avec toutes ses étapes et c’est quelque chose que je comprends tout à fait. Cependant, je continuerai à utiliser la méthode flocon de neige quoiqu’il en soit mais je ne renie tout de même pas les éléments apportés et appris de la méthode Save the cat. Étonnamment, je trouve les deux assez complémentaires.

Désormais quand je commence à travailler sur un nouveau projet, je commence par utiliser les beats et ainsi identifier les éléments de ma nouvelle histoire. Je trouve que cette méthode est un très bon complément à n’importe quelle autre méthode de planification. Si vous débutez et que vous cherchez à trouver votre style, votre façon de planifier ou simplement ce qui vous paraît le plus facile, je vous conseille de lire Save the Cat Writes a Novel. Cette méthode peut vous apprendre énormément et vous aidez à trouver pile ce qu’il vous faut.

Pour ma part, le choix est fait, je commence toujours par identifier mes beats pour chacun de mes nouveaux projets avant d’aller plus loin et de faire étape par étape la méthode flocon qui pour moi reste la plus infaillible et la plus préparante de toutes. Là où la méthode Save the cat ne me convainc pas, est sur la préparation qu’elle apporte à l’écrivain. En comparaison, je me sens beaucoup plus prête à écrire une fois toutes les étapes de la méthode flocon remplies (ce qui est logique étant donné le travail demandé au préalable :p ) plutôt qu’avec cette méthode qui ne demande que 15 beats, 15 éléments clés.
Toutefois je continue de le répéter, je vous conseille fortement cette méthode ne serait-ce que pour prendre ce que vous pouvez y prendre. Ce qui peut vous être utile ne sera peut-être pas la même chose qu’à moi, peut-être que vous serez plus enclins à développer chaque élément clé et peut-être que cette méthode est précisément celle qu’il vous faut pour structurer votre histoire à la perfection.

Là où j’ai été déçue, et je pense que ça a joué dans mon avis final, c’est l’engouement qu’a connu cette méthode aux États-Unis et notamment dans la communauté d’Authortube (un pan de YouTube où des écrivains en herbe ou non partagent conseils d’écriture et discours inspirants). Je m’attendais vraiment à beaucoup mieux et j’ai eu une méthode, certes qui fonctionne, mais qui n’a rien d’exceptionnelle ni de révolutionnaire. Je n’en ressors toutefois pas désappointée, car les 15 éléments principaux et les éléments clés ainsi que les genres sont très utiles pour pouvoir identifier les points d’intérêt de son roman et identifier les faiblesses de son récit pour pouvoir améliorer son histoire (pour ceux qui ont déjà commencé à écrire leurs romans 😉).

 

C’en est tout pour mon avis sur cette méthode et j’espère que ces quelques articles qui lui ont été dédiés vous plairont.
Je suis en train de travailler sur une fiche des questions à se poser pour que chaque beat de la méthode soit la plus complète possible 😊

Je vous dis à bientôt et vous souhaite une très belle semaine, prenez soin de vous et gardez-vous de la chaleur.

À bientôt !