Bonjour tout le monde!

 

Ça fait un moment que je n’ai pas publié sur le blog, mais, avec Noël approchant à grands pas, j’avoue avoir été un peu débordée.

Dans mon dernier article, je vous parlais de ma progression inattendue pendant le NaNoWriMo et je me rends compte que je ne vous ai pas fait de bilan ! Alors, résultats des courses ?

 

Comme je m’y attendais, j’ai dépassé les 100,000 mots écrits lors de la quatrième semaine et j’ai fini le mois de novembre avec 113,000 mots au compteur. Pour 30 jours d’écriture, je dois reconnaître que je me suis surpassée, je n’ai jamais (à ma connaissance) écrit autant en seulement un mois. Je ne pense pas que ce soit un rythme que je puisse tenir sur le long terme, mais je dois tout de même vous avouer que j’ai continué à écrire sans interruption jusqu’au 15 décembre. Ce qui explique également mon absence du blog, je souhaitais en effet terminer mon roman avant de venir vous partager mes impressions sur ce projet.

 

Alors, concrètement, comment ça s’est passé ?

Très bien, bien mieux que ce à quoi je m’attendais même si, soyons honnêtes, j’ai accumulé beaucoup de sommeil en retard. La faute à ma créativité qui frappe aux environs de 23h30 tous les jours. Oui, c’est précis, mais au bout d’un moment je commence à repérer à quel moment je me dis « j’ai vraiment envie d’écrire cette scène » pour ensuite me rendre compte 2 heures plus tard que je suis toujours dessus et que, en effet, il serait peut-être temps de me coucher.

Bref, la grande question est donc : ai-je fini mon roman ou NaNo novel (comme on appelle ces bébés d’encre écrits pendant le NaNoWriMo) ? La réponse, à mon grand bonheur, est oui ! Et quel soulagement… Ne vous méprenez pas, j’adore ce roman, en fait, je crois que je l’aime même beaucoup plus que nombre de mes écrits, mais il est balèse. Vraiment balèse. Quand j’ai apposé le mot fin le 15 décembre dernier, j’ai eu la curiosité de regarder combien de mots il comporte : plus de 170,000… Ça fait beaucoup, et certains diraient même trop, le truc c’est que je l’ai tellement bien planifié en amont, que je sais que chaque scène a sa place et sert l’intrigue. La phase de correction va être un vrai challenge.

Tout ceci m’amène au sujet du jour, celui que je souhaite aborder avec vous : le cas du brouillon.

 

Héros ou zéro ?

Le brouillon, aussi appelé premier jet ou première ébauche, est ce manuscrit avec lequel vous vous retrouvez après avoir passé des heures/jours/mois/années à écrire. Il est loin d’être parfait, mais vous l’aimez parce qu’après tout, il s’agit d’un nouveau-né. Partout où je regarde, j’entends les auteurs dire que le premier brouillon n’est que le début de quelque chose qui sera ensuite poli et transformé en un merveilleux roman. Je suis d’accord sur tellement de points, mais, en même temps, j’ai des doutes. Alors, concrètement, le premier brouillon, il représente quoi ?

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Une ébauche à réécrire

 

J’ai des amis auteurs qui n’hésitent pas à réécrire leur roman. Pas simplement à le corriger, non, à le réécrire, reprendre un document vierge et tout recommencer en ayant sous les yeux la première version. Je comprends le processus, mais je sais aussi que ça ne pourrait jamais fonctionner pour moi. Quand je finis la rédaction d’un manuscrit, j’aime à penser que j’ai déjà fait le plus gros du travail. Ce n’est pas tout à fait vrai, ceux qui ont déjà autopublié un roman le savent encore mieux que les autres, mais finir la rédaction du premier jet me donne toujours ce sentiment du fait accompli, ce qui est fait n’est plus à faire.

La vérité, c’est que le premier brouillon est une première ébauche. Pour nombre d’écrivains, il leur permet de simplement raconter l’histoire et de coucher sur le papier ce qu’ils ont à l’esprit. La frénésie artistique libératrice si vous voulez. Je connais ce sentiment, mais j’ai remarqué que, lorsqu’on prend le temps de planifier son roman en long en large et en travers, le premier brouillon n’est pas seulement une simple ébauche, sa forme est bien plus avancée que ce que laissent entendre la majorité des conseils à destination des auteurs qu’on trouve un peu partout sur internet et les réseaux sociaux.

Une version préfinie

 

J’ai donc remarqué que lorsqu’on suit un plan bien détaillé de son intrigue et que l’on écrit en ayant tout bien en tête, le premier jet s’approche davantage d’une version préfinie. Toute proportion gardée, bien entendu, je ne dis pas par là qu’un premier jet peut passer comme un manuscrit fini auquel aucune modification ne doit plus être apportée, ce serait mentir, mais il est vrai que lorsqu’on fait parti de la famille « planner » plutôt que « pantser » (à comprendre ceux qui planifient à l’avance plutôt que ceux qui écrivent au feeling), le brouillon est en général plus propre et tend moins à changer.

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Est-ce que le brouillon de mon NaNo novel est-ce que j’appellerai une version préfinie ? Pour être honnête, oui et non (pas pratique comme réponse héhé je sais bien). Je pense en effet qu’il va y avoir des changements à faire, mais qu’ils ne changeront pas les fondements de mon récit. Ainsi, toute la phase de correction en profondeur liée à l’intrigue ne sera pas nécessaire. Je vais bien entendu vérifier la cohérence du récit et faire appel à des bêta-lecteurs pour m’assurer que tout soit limpide, mais je ne pense pas que le roman ait besoin de remaniement de fond, c’est l’avantage de la planification, toutes les modifications de ce type, je les ai déjà faites lorsque j’ai utilisé la méthode flocon de neige. D’un autre côté, mon texte reste un premier brouillon, ce qui signifie qu’il est loin d’être prêt pour d’autres yeux que les miens et qu’il me reste toute la phase de correction classique à effectuer : orthographe, syntaxe, rythme, dialogue, répétitions, etc.

Je me rends bien compte que je vous fais l’éloge de la planification et de l’importance qu’il y a a faire le plan de son roman à l’avance, mais si j’insiste, c’est justement parce que ça vous évite de vous retrouver avec quelque chose qui vous donnera envie de vous arracher les cheveux quand vous vous y attèlerez.

 

Un embryon à développer

 

Personnellement, je suis du genre à écrire pas mal, de base les mots viennent tout seuls, pas besoin de me forcer. Je sais toutefois que ce n’est pas forcément le cas de tout le monde, se tient alors le sempiternel combat entre over-writer et under-writer (il n’y a que les Américains pour inventer des trucs pareils, on est bien d’accord XD), à comprendre ceux qui surécrivent et ceux qui sousécrivent. En gros, les premiers écrivent trop et devront supprimer des mots/scènes/chapitres avant d’obtenir un roman qui tienne debout tandis que les seconds devront consacrer une grosse partie de leur phase de correction à écrire davantage pour combler les trous dans leur intrigue.

Si vous faites partie de la catégorie de ceux qui finissent leur manuscrit avec trop peu de mots (selon la moyenne de mots de romans dans le genre que vous visez), alors il y a de grandes chances que votre brouillon représente un embryon à développer. Dans ce cas, il n’y a pas 36 solutions : posez-vous calmement avec votre manuscrit, relisez-le et notez ce qui manque à votre intrigue. Dans cette phase de correction et de réécriture, le plus important pour vous est alors de modeler le diamant brut qu’est votre manuscrit pour en faire une magnifique gemme étincelante. Pour ça, pas de secret : il va falloir bosser. Mon conseil serait d’organiser les éléments qui manquent à votre récit et qui permettraient de le rendre génial, faites une liste, un plan (même un tout petit, ce n’est pas la taille qui compte), et comblez les parties manquantes de votre intrigue.

Je ne vais pas vous dire combien de mots votre roman doit comporter, je ne peux pas le savoir. Une petite recherche google vous aidera sans aucun doute à décider si vous êtes dans la moyenne de votre genre, il varie en effet selon si vous écrivez de la romance ou du young adult, à savoir qu’en général les éditeurs ont une tolérance un peu plus élevée pour les romans fantasy et les romances historiques. Quoi qu’il en soit, essayez de vous rapprocher de votre objectif de nombre de mots sans pour autant que ce dernier ne devienne un fardeau. Si votre histoire est bouclée à 60,000 mots et parfaite comme cela, inutile de rajouter des scènes à rallonges qui ne feront que diminuer la qualité de votre manuscrit uniquement parce que vous avez lu quelque part que la moyenne de mots pour une romance est de 75,000 mots (ce chiffre est bidon, honnêtement je ne me souviens jamais des nombres recommandés et, pour tout dire, je n’y fais pas vraiment attention).

 

Dernier cas de premier brouillon : le truc bancal et sans tête

 

Là, on est sur du cas quasi désespéré. Mais en écriture, rien n’est jamais désespéré, un mot peut toujours se remplacer par un autre et une phrase changée pour faire d’un paragraphe vide de sens en une ode à la création artistique.

Ici aussi, on obtient généralement ce type de résultat quand on s’est lancé à la one again, sans trop savoir où on allait et juste parce qu’on avait envie d’écrire. Ça arrive, et je l’ai déjà fait, ça n’a rien d’irréparable c’est juste très désespérant à corriger.

Avec ce type de brouillon, votre manuscrit est un chantier en bazar, rien n’est à sa place et ce qui l’est ne devrait probablement pas avoir cette forme, en d’autres termes, ce n’est pas gagné. Il est donc temps de tout reprendre depuis le début ! Pas forcément de tout réécrire et repartir de zéro (vous savez maintenant que je ne suis pas particulièrement fan de cette option), mais bien de reprendre votre récit et de comprendre pourquoi il ne fonctionne pas. Souvent, la réponse est très simple : il vous manque un morceau de l’histoire rendant le tout bancal, votre personnage principal est inutile/manque de réalisme dans le récit, un cliché remplace l’autre et votre intrigue est plate. Ces problèmes ne sont pas difficiles à repérer (car évident à la lecture), ils sont cependant plus difficiles à réparer et corriger quand on n’a pas l’habitude.

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Mon conseil ? Faites une lecture globale de votre œuvre et prenez des notes. Notez tout, faites un résumé détaillé de chaque chapitre puis notez les points qui, vous le savez, vont demander du travail. Votre héroïne a des réactions illogiques ? Prenez le temps de définir quels sont ses objectifs, ses ambitions et ses valeurs. Qu’est-ce qui peut expliquer ses réactions ? Si la réponse est rien, alors vous devez revoir les passages dans lesquels ses réactions n’ont aucun sens pour leur en donner. C’est votre boulot d’écrivain de vous assurer que le lecteur associe le héros à un véritable être (humain ou autre, à vous de voir), s’il n’y parvient pas, c’est que vous n’avez pas assez étudié vos personnages et leurs besoins opposés à leurs envies. J’en parle ici dans mon article Développer ses personnages et je suis convaincue que pour qu’un roman soit bon, il lui faut des personnages en béton.

Chaque point que vous aurez relevé à la lecture de votre brouillon vous permettra d’améliorer votre ouvrage et de pouvoir plus rapidement passer à la phase de correction classique et traquer les fautes d’orthographes et autres.

 

Que dois-je faire de mon brouillon ?

 

Vous avez fini un roman récemment ? Bravo à vous, vous êtes génial ! Tout le monde ne le fait pas, vous pouvez donc être fier de vous <3 Bon, et maintenant me direz-vous ? Eh bien si vous avez lu le reste de cet article, vous devez déjà avoir une petite idée de la catégorie à laquelle votre brouillon appartient. Peu importe, voici ci-dessous des étapes qui vous aideront à faire votre plan d’attaques pour vous atteler à la correction de votre manuscrit.

 

Étape 1 : estimer le travail qu’il vous reste à fournir

 

Cette étape commence généralement par une relecture de votre roman. Certains conseillent de relire tout d’une traite sans s’arrêter pour corriger les fautes ou prendre des notes. Je ne suis pas vraiment d’accord, pour avoir tenté cette approche, je trouve que c’est plus une perte de temps qu’autre chose. Relisez votre travail et prenez le temps de corriger les fautes qui vous gênent sans pour autant remanier toutes les phrases qui, vous en êtes sûrs, méritent d’être retravaillées. Vous aurez tout le temps de polir votre prose une fois que les problèmes profonds d’intrigues seront résolus. Au fil de cette lecture, notez les points qui vous chagrinent, les problèmes que vous relevez et ce qui va devoir changer et être amélioré.

Une fois votre relecture complète, vous devriez vous retrouver avec une liste assez longue (ou pas si vous avez de la chance et/ou planifié en amont) et ainsi pourrez estimer la charge de travail que corriger ces points vous prendra.

 

Étape 2 : passer à la phase de correction

 

Vient ensuite la phase tant attendue de la correction. Cette phase, on aime la détester parce qu’on préférerait écrire quelque chose de nouveau plutôt que de corriger chaque erreur qui nous rappelle que trop bien que ce que l’on fait n’est jamais parfait.

Reprenez votre liste et corrigez chaque point l’un après l’autre. Au début, je procédais de façon chronologique, toujours du début à la fin, cependant j’ai appris à faire évoluer mon processus. Désormais, je classe les problèmes que je relève dans mon manuscrit du plus difficile (qui prend en général plus de temps) au plus facile. En plus de me donner l’impression de progresser plus rapidement, ça me permet également de ne pas avoir à relire mon manuscrit vingt ou trente fois jusqu’à ne plus en pouvoir. Si vous avez déjà un peu d’expérience en correction de manuscrit, je vous conseille vraiment cette manière de procéder, elle fait gagner du temps et a le mérite de ne pas vous dégouter de vos propres mots.

 

Étape 3 : relire, faire lire et relire, faire corriger et, enfin, apprécier

 

L’étape 3 est probablement la plus stressante, mais également la plus agréable. Durant l’étape 2 votre brouillon prend la forme d’un véritable roman, il passe au stade de 2eime et 3eime voir 4eime brouillon très rapidement et vous permet d’obtenir un manuscrit prêt à être lu par d’autres que vous. On entre alors dans la phase de bêta-lecture et de correction professionnelle. Confiez votre manuscrit à des bêta-lecteurs adeptes du genre littéraire de votre roman, utilisez leurs retours pour améliorer davantage votre manuscrit et contactez un correcteur professionnel qui aidera à débarrasser votre roman des dernières fautes d’orthographe que vous ne voyez même plus.

Si vous avez en tête un parcours en publication traditionnel, c’est-à-dire en confiant votre manuscrit à une maison d’édition, vous pouvez probablement vous arrêter après l’étape 2 et commencer à envoyer votre récit aux éditeurs de votre choix. Je vous conseille tout de même de faire relire votre roman par quelqu’un d’autre, un ami, un conjoint, un membre de la famille, une personne de confiance qui pourra vous donner un avis et souligner des problèmes qui vous auraient échappé et qui pourraient être rédhibitoires pour un éditeur.

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Voilà pour ce qui est de ma vision du brouillon. Outre la représentation d’un travail de longue haleine, il est également un incroyable accomplissement et vous devriez être très fier de vous-même (on n’est jamais mieux servi que par soi-même, rappelez-vous 😉 ).

Sur ce, je vous souhaite d’excellentes fêtes de fin d’années ! Profitez bien de Noël, des vacances si vous en avez, de ces moments de partages ou simplement du temps qui se prête parfaitement à la dégustation de petits sablés et de chocolats chauds 😊

 

Bonne fin de week-end à tous <3

Alison