Si vous écrivez de la fantasy, je suis certaine que vous n’êtes pas étrangers aux cartes que certains auteurs jugent nécessaires à leurs histoires et décident de partager au début (ou à la fin de leurs ouvrages). Les cartes apportent leurs lots de détails et surtout, elles permettent au lecteur de s’accaparer le monde fantastique que l’auteur a créé. Pour D’Or et de Glace, j’ai jugé nécessaire la présence d’une carte en début d’ouvrage pour que chaque lecteur puisse avoir une vue globale du monde dans lequel évoluent les personnages.

Si vous êtes vous-même auteur de fantasy, je suis convaincue que vous avez déjà fait l’exercice de réalisé la carte du monde de votre roman ou au moins de certaines parties que vous souhaitiez voir devant vous de façon plus tangible. Quand on commence un roman fantasy, je pense qu’il est nécessaire de savoir où l’on met les pieds et la carte peut être une très bonne tactique pour poser les limites de son monde. Bien entendu, rien n’est jamais gravé dans le marbre 😊, vous pouvez à tout moment modifier votre carte pour ajouter/retirer/changer des villes, des royaumes, des pays, etc.

Les cartes, c’est tout un art ! Ainsi, si vous le souhaitez, vous pouvez faire appel à un graphiste spécialisé dans le sujet pour qu’il la réalise. Sachez toutefois que vous pouvez également la réaliser vous-même notamment si vous avez quelques connaissances en logiciels de graphisme ou de retouche photographique.

Aujourd’hui, je vous propose donc quelques étapes à suivre si vous souhaitez réaliser la carte de votre  roman de fantasy vous-même.

 

Étape 1 : définir la forme de vos continents

Après avoir fait l’inventaire de toutes les informations dont vous disposez sur votre monde, attelez vous à définir vos continents. Sur une feuille de papier (ou directement sur ordinateur avec Photoshop ou autre), réalisez un rectangle suffisamment grand pour que vous puissiez y exposer votre monde.

Astuce : vous n’avez aucune idée de comment créer vos continents ? Inspirez-vous de la géographie ! Dépoussiérez votre atlas, allez sur internet observer diverses cartes et inspirez-vous de la forme des continents, des îles, des mers, etc. Prenez des bouts de lieux réels s’il le faut et mélangez-les à d’autres, vous obtiendrez alors assez vite des continents uniques et originaux.

 

Étape 2 : Formez les mers de votre monde

Si votre monde de fantasy abrite la vie, alors il doit bien y avoir des points d’eau. Entre lacs d’eaux douces, étendues salées et mers mortes, à vous de voir où vous voulez disposer tout cela. Si en revanche votre carte est uniquement dédiée à une partie précise de votre monde (comme un zoom particulier sur le Mordor ou le Gondor), dans ce cas passez directement à l’étape suivante.

Une carte prend réellement forme au moment ou vous y placez les mers, fleuves et autres rivières, car ces derniers donnent du sens à votre monde.

À noter : pour que votre carte reflète le plus exactement possible un comportement géologique naturel, pensez que les cours d’eau ne naissent pas d’eux-mêmes. Ils proviennent soit d’un océan ou d’une mer ou bien directement d’une montagne. Pensez-y quand vous disposerez vos fleuves et autres étendues d’eau.

 

Étape 3 : Implantez les forêts et les montagnes

Cette étape est parmi les plus importantes, placer les montagnes et autres reliefs de votre monde doit être réalisé après avoir bien réfléchi. Si vous faites une carte, c’est probablement parce que cette dernière apportera une aide non négligeable au lecteur de votre roman. Dans cette logique, votre histoire sera directement liée aux lieux indiqués sur votre carte. Soyez cohérents: si votre héros chemine dans une chaine de montagnes, mais que cette dernière n’apparait pas sur votre carte, elle n’a alors plus aucun intérêt ! Portez donc un soin particulier à la création de ces éléments qui apportent la touche de réalisme nécessaire à toute carte de fantasy qui se respecte.

À noter : les montagnes apparaissent en général par chaine signifiant qu’il est très rare de voir un pic tout seul au beau milieu des plaines. Si tel est le cas, dans la réalité cela correspondrait plutôt à un volcan, gardez ce genre de détails en tête pour que votre carte ait un sens géologique.

Parmi les éléments que vous pouvez rajouter, il y a également les plaines, les déserts, les îles, les marécages, les collines, et tout ce qui vous semblera pertinent. Attention toutefois à ne pas surcharger votre carte, les détails, c’est bien, mais c’est encore mieux avec parcimonie quand on parle  cartographie.

 

Étape 4 : Délimitez vos royaumes, vos pays et vos villes et nommez-les

À ce stade, votre monde commence à ressembler à quelque chose qui pourrait exister, le temps est donc venu de créer les frontières et d’implanter vos lieux de prédilection.

Avec des pointillés ou des traits que vous choisirez à votre convenance, délimitez vos pays, vos royaumes, vos contrées et tous les lieux qui ont de l’importance pour votre histoire.

À l’aide de points ou de croix, placez vos villes et vos sites notables. Même si vous mentionnez un lieu une seule et unique fois, il peut être intéressant de l’indiquer sur votre carte. Si votre lecteur est perdu à un moment donné du récit, il se peut qu’il se reporte à votre carte pour retrouver son chemin. Si cette dernière est claire, complète et compréhensible, il pourra alors se replonger dans sa lecture avec une meilleure idée du lieu de l’action.

Indiquer les noms de vos lieux est une étape cruciale. Choisissez-les bien et placez-les sur votre carte. C’est à ce moment que cette dernière peut devenir chargée si vous avez placé plusieurs villes les unes trop près des autres. Dans ce cas, priorisez : indiquez votre ville majeure et signalez les autres par de simples points. Au fil du récit, le lecteur pourra naturellement se faire une idée de quelle ville il s’agit et vous pourrez tout de même lui fournir une carte de qualité.

À noter qu’en général, ce problème ne se pose que rarement. En effet, si vous souhaitez détailler une région en particulier, il y a fort à parier que vous choisirez de faire une carte dédiée à cette région.

 

Étape 5 : Donnez un nom à votre monde, ajoutez la rose des vents et une échelle (si besoin)

Dernière étape de création cartographique de fantasy, elle est aussi la plus agréable, car le plus gros du travail est fait et il ne vous reste plus qu’à apprécier 😊

Déterminez le nom que portera ce monde que vous vous êtes évertué à illustrer et indiquez-le sur votre carte. À cela, ajoutez la jolie rose des vents que vous souhaiterez et prenez un instant pour profiter de ce que vous avez créé. Ce lieu qui n’existe que dans votre imaginaire est maintenant presque palpable grâce à votre carte !

Si vous le souhaitez, vous pouvez également inclure dans l’un des bords de votre œuvre une échelle. Ce détail peut être important si votre récit comporte de longs trajets réalisés à pied ou si vous pensez nécessaire de rajouter cet élément par souci de réalisme. Sachez toutefois que ce n’est pas obligatoire si cela se révèle être un casse-tête sans nom pour vous. S’il y a peu de chance que cette information manque à votre lecteur, sautez cette étape sans vous en vouloir 😉

 

 

Si vous êtes auteur de fantasy et que vous avez déjà réalisé votre propre carte, alors vous n’êtes sans doute pas étranger à cette sensation d’avoir donné vie à une partie de votre monde simplement en en dessinant la carte.

J’espère que ces quelques étapes vous permettront de voir plus clair dans la création de cartes et vous permettront de vous lancer si vous hésitez encore à créer la vôtre. Croyez-moi, même si ça peut paraître laborieux de prime abord, voir le monde créé de ses yeux offre une vision nouvelle du monde en question. Que ce soit pour vous aider à développer une intrigue plus fournie ou pour garder à l’esprit toutes les données à prendre en compte quand on écrit, je fais indubitablement partie des gens en faveur des cartes 😊

 

Vous avez déjà réalisé votre propre carte de fantasy ? N’hésitez pas à m’en parler dans les commentaires.