Savoir adapter ses objectifs et Bilan de presque deux semaines de NaNo

Bonjour à tous et joyeux mardi !

Comme vous le savez probablement, nous sommes en plein NaNoWriMo et qui dit NaNo dit objectif aberrant pour les auteurs du monde entier. Aujourd’hui, je voulais revenir avec vous sur quelque chose qui s’est révélé très important dans ma routine d’écriture et que je n’ai pas encore eu l’occasion d’aborder ici : l’adaptation.

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Vous le savez surement maintenant, mais, pour ceux qui auraient loupé le tourbillon de ce mois de novembre, je vous rappelle que chaque année est organisé en novembre le National Novel Writing Month, l’occasion pour des centaines de milliers d’écrivains de se lancer un challenge conséquent : écrire 50,000 mots.

Ça fait beaucoup diront certains, trop diront d’autres et une grande majorité des participants échoue chaque année. Si vous remplissez fièrement la mission, vous ne remportez rien de spécial, quelques réductions et autres goodies qui peuvent parfois être intéressants, mais le seul véritable gain dans ce challenge est la satisfaction personnelle et, surtout, les quelques 50,000 mots qui s’ajoute à votre manuscrit ou le commence.

Cette année, c’est la troisième fois que je participe. J’ai gagné à chaque fois pour une raison très simple : quand j’ai une deadline, tout est plus simple pour moi. Savoir que je dois donc écrire 50,000 mots en 30 jours me permet de m’organiser, ça m’oblige à réfléchir sur ce que je dois faire pour parvenir à intégrer l’écriture dans mon emploi du temps, etc. Pour moi, l’organisation est la clé dans l’écriture d’un roman et, si vous avez suivi mes précédents articles, vous le savez déjà.

 

Donc pour ce mois de novembre, je me suis lancée dans un tout nouveau projet dont l’idée me trotte dans la tête depuis au moins 8 ans. Je n’avais jamais voulu l’écrire parce que je ne trouvais pas le bon moment, je vous en parlerais probablement à l’occasion d’un futur article, mais parfois il vaut mieux choisir de ne pas travailler sur un projet quand on sent que l’on n’est pas prêt. Ce projet faisait partie de cette catégorie jusqu’à cet été où mes personnages déjà tout prêts en ont eu marre d’attendre et sont venus m’agacer en pleine nuit pour que je cède et écrive leur histoire. Évidemment, j’ai cédé et me voilà leur consacrer mon NaNo.

 

Depuis le temps que cette histoire me trotte dans la tête, je sais ce que je veux écrire, j’avais donc l’idée de base quand j’ai commencé à penser l’écrire, mais pas encore la patience ni l’envie de me plonger dans l’élaboration d’un plan détaillé. En septembre, après le chantage affectif de mes personnages, j’ai toutefois décidé de tenter le coup et de tenter par la même occasion la méthode flocon de neige dont je vous vante les mérites dans cet article. En effet, le plus gros avantage de cette méthode de préparation est également son plus gros défaut : elle est si complète qu’elle peut décourager. Cependant, cette histoire était revenue full force dans mon petit cœur d’auteur et j’ai donc complété chaque étape de la méthode religieusement. Pourquoi je vous raconte tout cela ? Tout simplement parce que cela a joué dans mon besoin de devoir adapter mes objectifs.

J’ai commencé NaNoWriMo sur les chapeaux de roues, mon roman était planifié à la scène près, mes personnages n’avaient plus aucun secret pour moi et les planètes étaient alignées, c’est ainsi produit le miracle du NaNo : j’ai écrit 22,855 mots les 7 premiers jours. Quand on a un objectif de 50,000 mots en 30 jours, c’est plutôt pas mal. J’étais donc fière de moi et ai commencé à me dire « chouette, je vais finir en avance ». D’accord, mais quand j’ai atteint les 30,000 mots au jour 9, j’ai dû me rendre à l’évidence : je devais revoir mes objectifs.

 

Se satisfaire du nécessaire

Écrire 50,000 mots en un mois n’est pas difficile pour moi. Je l’ai déjà fait plusieurs fois et ça n’a que peu d’impact sur mon quotidien (j’écris uniquement le soir, c’est très compliqué pour moi le matin, je fais partie des écrivains couche-tard qui écrivent quand le soleil n’est qu’un vague souvenir, que voulez-vous…). Mon maximum fut, je crois, à l’occasion d’un Camp NaNo où je m’étais donné 50,000 mots comme objectif et où j’ai fini par faire exploser le compteur avec plus de 70,000 mots écrits (proche des 80, mais je ne me souviens plus très bien, le manque de sommeil sans doute 😊 ).

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Mais, pour ce mois de novembre, je me rends bien compte qu’il faut que je me satisfasse avant tout du nécessaire qui, dans le cas présent, signifie coucher sur le papier 50,000 mots. Oui, mais, à la vitesse où vont les choses, j’atteindrais probablement les 50K aujourd’hui ou demain. Je le sais, et à moins d’arrêter d’écrire parce que j’ai atteint l’objectif du challenge, je vais être obligée de revoir sérieusement mon objectif. J’ai donc commencé à cogiter, et je suis arrivée à cette conclusion: viser les 50,000 mots et les atteindre n’est pas une fin en soit, même en période de NaNo.

J’ai donc pris la décision qui me semble la plus logique : finir mon roman ce mois-ci. Plus d’objectif de nombre de mots à partir d’aujourd’hui, la ligne d’arrivée désormais, c’est le mot « fin ».

 

C’est un peu dingue et ça, pour le coup, je ne l’ai jamais fait. Correction, j’ai déjà écrit l’équivalent d’un roman en un mois, c’est tout à fait faisable, et, en général pour écrire un roman un minimum planifié, je mets environ un mois et demi, mais ce que j’oublie de vous dire ici, c’est que je soupçonne mon projet en cours de se situer aux alentours de 95-100,000 mots. Ça paraît énorme, même pour moi et mon plan détaillé. (Honnêtement, j’ai même peur qu’il fasse beaucoup plus, mais la peur n’évite pas le danger 😉)

J’ai donc fait ce que j’appelle mon plan d’optimisation.

 

Plan d’optimisation, kézako ?

 

Je sais, ça sonne bizarre, comme un plan épargne ou quelque chose du genre et pourtant on y est pas du tout 😊.

 

Mon plan d’optimisation est tout simplement la répartition réaliste de tous mes chapitres (et surtout des scènes) de mon roman qu’il me reste à écrire que j’ai organisé par jour. En gros c’est une liste toute simple qui se présente comme suit:

  • vendredi 15 : chapitre 15 et 16 – scènes 3/4

 

Sont ainsi indiqués : le jour avec la date pour servir de repère temporel, les chapitres à écrire ce jour-là (souvenez-vous, j’écris vite en cette période de planètes NaNoesque alignées, tout le monde n’a pas la possibilité d’écrire plusieurs chapitres par jour et c’est tout à fait normal, no stress), et les scènes à écrire dans chaque chapitre. Donc, en suivant cet exemple assez bidon, je devrais écrire vendredi les 3 scènes composant le chapitre 15 et les 4 scènes qui composent le chapitre 16.

Mon plan d’optimisation n’est qu’une liste basique et sans fioriture (elle est même super moche car écrit à la main et j’écris comme un pied), mais elle a le mérite de m’offrir un schéma global de ce que j’ai à faire et, d’après elle, je devrais arriver au bout de mon roman le 27 novembre. Ça me parait bien optimiste, mais nous verrons.

 

Savoir optimiser sa façon de faire est toujours agréable, mais ce qu’il est le plus important à faire d’après moi, c’est de savoir adapter ses attentes à ses capacités. Ce mois-ci, il se trouve que j’ai de la chance, et peut-être même que ça ne durera pas, on ne peut jamais savoir, mais je vous conseille fortement de ne pas vous laissez glisser dans la spirale infernale du NaNo enfer. Vous savez, cet enfer où vous commencez à stresser parce que vous n’avez pas écrit aujourd’hui et que, par conséquent, vous allez forcément échouer et que jamais plus vous ne pourrez écrire et que vous êtes trop nul(le) et blablablabla.

Le challenge des 50,000 mots n’est pas pour tout le monde, mais si vous décidez que, pour vous, avec votre vie à côté, vos occupations, vos obligations et votre emploi du temps, votre challenge serait d’écrire 25,000 mots en 30 jours, alors vous êtes le/la seul(e) à pouvoir juger ! Le but premier du NaNoWriMo est de rassembler les auteurs et de partager la passion de l’écriture tout en donnant le coup de booste permettant à ceux qui en rêvent d’enfin oser prendre la plume. Ne vous laissez impressionner par personne et ayez conscience que tout le monde a et doit avoir des objectifs différents et personnels.

 

Si vous participez au NaNo, j’espère que tout se passe bien pour vous et que, si vous avez un peu de mal à gardez le rythme, cet article pourra vous rassurer un peu et vous permettre de réaliser qu’il n’y a aucun problème à adapter ses objectifs en nombre de mots inférieurs ou supérieurs.

Pour les autres, peut-être que l’idée d’un plan d’optimisation pourra vous donner une piste de réflexion sur la façon de s’organiser simplement lors de la phase d’écriture.

 

Sur ce, je retourne à mon NaNo car, comme vous vous en doutez, je ne compte pas dans mon total de mots écris ceux que j’écris ici pour vous parler, ce serait trop facile 😉

 

Bonne semaine à toutes et à tous !

 

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