Quand on créer son intrigue, l’identité du « grand méchant » de notre histoire devient assez vite évidente. Bon, il faut avouer que parfois ce n’est pas si facile, mais en général on sait rapidement qui va en faire baver à notre héros du moins en tant qu’auteur.

Si créer des personnages peut s’avérer être l’une des activités les plus passionnantes quand on écrit, ça peut vite devenir problématique. En effet, comment être sûr que nos bébés d’encre sont crédibles et ne sont pas clichés ?

Certains traits de caractère et certaines intrigues ont tellement été utilisés en littérature qu’ils en sont devenus clichés et l’antagoniste, à comprendre le grand méchant loup, ne fait pas exception. Au lieu de retenir l’attention du lecteur, quand le principal adversaire de votre héros est truffé de clichés, le lecteur se lasse, lève les yeux au ciel et n’a qu’une envie : reposer le livre.

Aujourd’hui j’avais envie de partager quelques clichés qui, je trouve, rendent un antagoniste un peu fade.

(N’oubliez pas, parfois les clichés sont nécessaires pour faire fonctionner une scène. Ne bannissez donc pas tous ces éléments de votre fiche de personnage sans y réfléchir 😉 )

 

Cliché n°1 – Il a un rire sadique

Le rire de maniaque dingue qui résonne sur les murs en renvoyant un écho flippant, ça vous dit quelque chose ? Normal, on voit ça chez quasiment chaque méchant, à croire qu’ils ont tous un abonnement au club des rires machiavéliques.

Pour rajouter un peu de réalisme à votre antagoniste, éviter le rire de sadique avec la tête qui se renverse en arrière. Un sourire cruel fera souvent le même effet et sera plus réaliste.

Si vous avez absolument besoin que le méchant utilise un rire de l’enfer, assurez-vous alors de le contextualiser en faisant ressortir l’atmosphère qui entoure cet éclat de joie plutôt que d’écrire « Ah Ah Ah ». Ça aura plus d’impact 😉

 

Cliché n°2 – Il est laid

Ça, c’est un cliché qui tend à s’amenuiser ces derniers temps avec l’apparition des beaux gosses qui se révèlent être de total psychopathe. Mais le fait est qu’en général dans la littérature les méchants sont quasiment toujours laids. L’apparence physique joue beaucoup, surtout au cinéma où un méchant attirera moins la sympathie s’il est considéré comme moins beau que le héros (et ce n’est pas moi qui le dit, des études de sociologie ont démontré que nous accordons plus facilement notre confiance à des gens que nous trouvons beaux : par ici).

Si vous décidez de rendre votre antagoniste spécialement laid, votre lecteur se formalisera peut-être de ce cliché.

Il est vrai qu’un méchant qui se révélerait beau offre plus de possibilités en matière d’écriture : il peut profiter de cet atout pour tirer parti de toutes les situations, obtenir des faveurs de beaucoup de personnages, etc. Il peut également être un élément intéressant du suspens. Si l’identité de votre antagoniste n’est pas connue par le héros dès le début, peut-être qu’il peut accorder sa confiance à ce visage d’ange qu’il n’aurait jamais soupçonné.

Bien sûr, pas besoin de rendre tous vos méchants beaux comme des dieux. Si votre antagoniste est défiguré et considéré comme laid, son histoire personnelle peut jouer pour beaucoup dans le façonnement de sa personnalité.

 

Cliché n°3 – Il est stupide

Ce cliché va de pair avec le méchant qui est laid. S’il n’est pas beau et qu’en plus il est bête, c’est tout de suite plus difficile de l’aimer. Aucun risque pour le lecteur d’avoir une once de sympathie pour lui. Pourtant ce que les lecteurs aiment le plus en général dans les romans, ce sont bien les méchants qui ont du style. Un méchant énigmatique fera une plus grande impression qu’un antagoniste bête et méchant qui veut simplement détruire le monde juste « parce qu’il a envie ».

Définir le méchant de l’histoire comme un personnage stupide pour faire ressortir l’incroyable intelligence du héros n’est jamais une bonne idée, votre lecteur trouvera l’idée terne et aura vite fait d’oublier votre histoire.

Les méchants intelligents et machiavéliques sont tellement plus intéressants et aussi réalistes !

 

Cliché n°4 – Il est sadique avec tous ceux qui l’entourent

Évidemment, s’il est méchant, il l’est avec tout le monde… Personnellement, j’aime bien voir mes personnages comme de vrais êtres humains, c’est-à-dire avec des qualités et des défauts. Il faut être réaliste, si le grand méchant de votre histoire est terrible avec tous ceux qui l’entourent, cela signifie qu’il règne par la peur. Autrement dit, ceux qui lui obéissent ne l’aiment probablement pas et obéissent à ses ordres sous peine de se voir maltraiter. Ce n’est donc pas de la loyauté qui les enchaine à lui, mais la peur. Cela promet souvent qu’une révolte est possible au sein même du camp de l’ennemi, et l’antagoniste n’est pas aussi stupide (à moins que ce ne soit le but de votre intrigue).

Si vous voulez que votre méchant ait l’air sans pitié, faite en sorte qu’il soit punisseur. S’il punit la trahison et a recours à des procédés qui font froid dans le dos, ceux qui l’entourent auront plus de mal à le trahir. Votre antagoniste se trouvera alors craint de tous, mais pas suffisamment haï par ses propres troupes pour qu’une révolte se profile à l’horizon.

 

Cliché n°5 – Il est totalement et complètement mauvais

C’est bien connu, le méchant est toujours pourri jusqu’à l’os. Aucune chance de rédemption, aucune nuance dans sa méchanceté, et aucun doute que le héros va réussir à le battre.

Quand un antagoniste est décrit comme totalement mauvais, le premier réflexe d’un lecteur est de le classé dans la catégorie des « méchants en carton ». Personne n’est soit totalement bon ou totalement mauvais, il y a un peu de tout en tout le monde et ce devrait également être le cas pour vos personnages. Les méchants qui marquent le plus les esprits sont ceux dont les comportements évoluent et changent selon les événements. Si on sait à l’avance ce que votre méchant va faire parce qu’il ne sait pas faire grand-chose d’autre, son intérêt dans l’intrigue devient plat.

Les méchants les plus intéressants sont ceux qui peuvent montrer plusieurs facettes de leur personnalité en étant par exemple terriblement cruels avec certains personnages (dont le héros) et absolument adorables avec d’autres. Le tout est de mettre de la nuance dans vos personnages, les lecteurs ne pourront qu’apprécier davantage.

 

Cliché n°6 – Il laisse le héros pour mort sans s’assurer qu’il soit vraiment mort

Combien de fois a-t-on vu cela ? Que ce soit à la télévision, au cinéma ou dans la littérature, l’antagoniste trouve toujours le moyen de laisser une chance au héros de s’en sortir.

C’est l’une des raisons pour lesquelles certains lecteurs s’arrachent les cheveux devant des fins de romans pourtant prometteurs. La raison en est le cruel manque de réalisme. Une fois que le méchant tient le héros entre ses griffes, il s’assure de le tuer à petit feu (torture ou autre, bien entendu, il est méchant après tout), mais par contre il décide de s’en aller et de le laisser seul avant qu’il ne rende son dernier soupir.

Il lui court après depuis 400 pages, mais soudainement il a quelque chose d’autre à faire laissant au héros le loisir de trouver une échappatoire ou de se faire secourir. Hum, oui pourquoi pas après tout. Si ce n’est que ce n’est pas réaliste. Quel psychopathe laisserait sa proie sans s’assurer qu’elle ne soit plus une menace ? Si vous avez opté pour le méchant stupide, à la limite pourquoi pas, mais le méchant intelligent ne serait pas aussi crédule.

Si vous avez absolument besoin que votre antagoniste s’absente pendant que votre héros se rapproche de la mort, assurez-vous d’avoir une bonne raison qui ne laisse pas le choix à l’antagoniste.

 

 

J’espère que cet article sur les clichés dédiés aux « méchants » vous aura plu.

Et vous, qu’est-ce que vous détestez voir chez les antagonistes ? N’hésitez pas à me l’indiquer en commentaire si vous pensez à d’autres clichés 😉